Spectacles

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Plaidoiries ou le pouvoir des mots

Sur la scène du théâtre Antoine, Richard Berry se glisse dans la peau de cinq ténors du barreau et (re)plaide de grandes affaires judiciaires, véritables marqueurs de notre société et de son état. Avec fougue et mordant, le comédien fait vibrer, qu'il soit partie civile ou avocat de la défense, sa fibre d’orateur et interpelle nos consciences. Un moment de théâtre captivant qui manque, peut-être, un tout petit peu de nuance.

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Le potentiel érotique de ma femme, amusante et absurde bluette

Le ton est léger. Les répliques fusent. Les situations cocasses et totalement burlesques s’enchaînent. Adaptant le roman fantasque de David Foenkinos, Sophie Accard s’amuse avec espièglerie et signe un spectacle agréable, touchant, qui séduit par sa fraîcheur malgré quelques petites baisses de régime. Une friandise théâtrale parfaite pour une rentrée divertissante tout en douceur.

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Chance ! délirante parodie musicale

Le temps est à l’a canicule, les rayons du soleil dardent rageusement au dessus de nos tête. Pas de panique, poussez les portes du théâtre de la Bruyère et laissez-vous emporter par l’univers loufoque, bariolé et lumineux de la première comédie musicale d’Hervé Devolder. Créée en 2002, cette parodie séduit par sa fraîcheur, ses airs entrainants et ses interprètes tous plus "attaqués " les uns que les autres. Une friandise à déguster sans modération tout l’été !

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Mademoiselle Molière ou la fin d’un amour fou

Quand la passion s’émousse, les mots deviennent froids, cliniques. Les gestes d’amour laissent place à l’habitude, à la tendresse, puis à plus rien. Les doutes, la suspicion s’installent en lieu et place de l’admiration. En adaptant la pièce de Gérard Savoisien, qui scrute ce moment de bascule, Arnaud Denis signe un spectacle touchant où, aux côtés de Christophe de Mareuil tout en retenue, Anne Bouvier explose littéralement. Captivant !

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L’herbe de l’oubli,
une évocation poétique et glaçante de Tchernobyl aujourd’hui

Tout est en ruine, suspendu, contaminé. Pourtant derrière les murs effondrés, non loin du lieu de la catastrophe, des enfants, des parents, des couples se sont réappropriés les lieux, trente après le drame. En donnant la parole à ces rescapés, ces survivants, Jean-Michel d’Hoop signe un spectacle onirique, militant et terrifiant que portent avec fougue cinq comédiens épatants. Magnifiquement effrayant !

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Judith Magre, lumineuse Actrice au Poche Montparnasse

Un regard rieur, cajoleur, une voix envoûtante, singulière, Judith Magre conte une vie hors norme, celle d’une divine comédienne, d’une femme qui cache derrière des pirouettes, des non-dits, ses fêlures, ses blessures secrètes. Prenant possession du texte de Philippe Minyana, que la mise en scène enveloppante de Thierry Harcourt souligne avec élégance, elle est l’Actrice sublime et ensorcelante.

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L’oiseau vert, fable foutraque pour enfants pas sages *

Convoquant tous les subterfuges de la Comedia dell’arte, Laurent Pelly insuffle une vie haute en couleur à cette farce noire de Carlo Gozzi. S’amusant des mélanges de styles voulus par l’auteur, modernisant la langue, l’ex-directeur du Théâtre national de Toulouse invite à une féerie drôle et cynique qui enchante sans pour autant ensorceler à trop forcer le trait. Un beau voyage en fantasmagorie.

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Le quatrième mur, une Antigone œcuménique contre la barbarie guerrière

Une voix envoûtante retrace l’aventure folle de monter Antigone d’Anouilh au cœur d’un Beyrouth criblé de balles en réunissant des comédiens issus de tous les courants religieux. Mais la guerre rattrape le projet, le conte vire au cauchemar. Confrontant la beauté des uns à l’indicible violence des autres, Julien Bouffier signe un uppercut théâtral tiré du torturé roman de Sorj Chalandon. Vibrant !

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Comédiens !
le théâtre, un amour fou entre fantasme et réalité

Au théâtre, les passions sont exacerbées, les sentiments intensifiés, les doutes avivés. En s’intéressant aux coulisses d’un spectacle provincial qui monte à la capitale après la Seconde Guerre mondiale, Samuel Séné signe une mise en abîme drôle et cruelle du métier d’acteur. Porté par trois comédiens d’exception, ce drame musical transcende l’art vivant et touche en plein cœur. Bouleversant !

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L’éveil du printemps ou les tourments sombres, violents de l’adolescence

Tout est gris, radical. Il n’y a pas d’échappatoire. L’innocence, la fraîche et libre éclosion des émois amoureux à l’adolescence doivent être broyées, fracassées contre la rigidité du monde borné et sans fantaisie des adultes. S’emparant de la tragédie enfantine de Wedekind, Clément Hervieu-Léger signe une mise en scène froide, sans concession, qui souligne la noirceur âpre de cette satire sociale brillante et lucide d’une société corsetée dans des principes d’un autre âge. Bravo !

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L’affaire Courteline,
un pot-pourri jouissif de l’esprit satirique du célèbre dramaturge

Ça défouraille à tout-va. Ça brocarde les petites manies de la bourgeoisie autant que celles des fonctionnaires ou des ouvriers. De sa plume bien sentie, Georges Courteline croque avec un humour noir, ravageur, le portrait sans concession de ses contemporains et signe des pièces courtes savoureuses que la mise en scène virevoltante et colorée de Bertrand Mounier souligne avec ingéniosité. Bravo !

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Patio Flamenco, La caliente andalouse enflamme le Gymnase

Regard pénétrant, ténébreux, cheveux et barbe noir jais, Rubén Molina prend possession de la petite scène du Théâtre du Gymnase. Gestes précis, cassés, mouvements rapides, cadencés, il livre à travers sa danse transcendantale une histoire vibrante de l’Espagne, un hommage passionnel à la culture arabo-andalouse. Accompagné d’une guitare et d’une danseuse à la voix d’or, il embrase les sens. Époustouflant !

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L’autre Phèdre intensément ressuscitée au Français

Le feu de la passion brûle dans son cœur, empoissonne son esprit qui cède peu à peu à une folie dévorante, dévastatrice. Phèdre, femme fatale, sacrifiée sur l’autel de la paix, donne libre court à ses pulsions pour mieux se perdre dans l’abîme de l’inceste. Avec force troublante et émotion à fleur de peau, Louise Vignaud redonne vie à cette héroïne antique et offre à Jennifer Decker, un rôle à la mesure de son talent. Bouleversant !

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Claudel, une évocation en clair-obscur de la célèbre sculpteuse

Cheveux hirsutes, mains burinées, maculées de glaise, Camille Claudel, la virtuose, la maudite, renaît sous la plume de l'Australienne Wendy Beckett. Pour cette énième plongée dans les méandres cérébraux de cette artiste d'exception, l'accent est mis sur un jeu chorégraphique hypnotique où ses sculptures prennent vie. Un moment singulier qui ne fait, hélas, que survoler une existence hors du commun.

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Les bijoux de pacotille,
à la recherche tout en délicatesse de parents trop tôt disparus

Le cœur vibrant de Céline Milliat-Baumgartner bat un peu plus furieusement, un peu différemment du nôtre. Marquée, beaucoup trop, au fer rouge du deuil, elle nous plonge avec tendresse, poésie et humour dans les bribes heureuses, nostalgiques de ses souvenirs d'enfant. Délicatement mis en scène par Pauline Bureau, ce seul-en-scène sur la résilience est un cri féroce, sensible à la vie.

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La collection, un inquiétant Pinter au théâtre de Paris

Une silhouette singulière, longiligne, hante le plateau. Sourire narquois, regard inquisiteur, elle impose sa présence dérangeante cherchant dans l’âme de chacun sa noire vérité. S’appropriant cette pièce en un acte d’Harold Pinter, Thierry Harcourt scrute avec finesse les fausses vérités, les petits mensonges qui fissurent les couples et esquisse un portrait sombre, amer des amours possessives.

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L’amitié à l’épreuve subjective de l’Art

Les répliques acerbes, drôles, assassines, fusent et claquent comme des fouets balles. Face à un immense tableau blanc, les émotions exacerbées, les rancœurs enfouies et les incompréhensions de plus en plus fréquentes vont mettre à mal une amitié de plus de 30 ans. Reprenant 25 ans après sa création la pièce culte de Yasmina Reza dans sa mise en scène originelle, le trio Darroussin, Fromager et Berling fait des étincelles.

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Le jeu de l’amour et du hasard,
un marivaudage diantrement bien ficelé par Catherine Hiegel

Ça badine pas mal à Paris. Dans un jeu de chassé-croisé amoureux des plus délectables, damoiselles et damoiseaux s’amusent, se charment et se séduisent. S’emparant de la plus célèbre pièce de Marivaux, Catherine Hiegel nous entraîne dans un pas de deux plaisant sans pour autant révolutionner le genre et signe un divertissement délectable où brillent sans partage les étoiles de Laure Calamy et Vincent Dedienne.

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J’étais dans ma maison …, gynécée en perdition au Français

Une mélopée de mots scandés résonne sous la voûte du Vieux-Colombier. Tantôt litanie, tantôt ritournelle, la musique de Lagarce captive et nous entraîne au plus prés de cinq cœurs de femmes éplorées qui vivent dans l’attente du retour du fils, du frère prodige. Souligné par la mise en scène cadencée de Chloé Dabert, le texte du dramaturge français prend vie porté par cinq comédiennes virtuoses.

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En attendant Bojangles, à la folie passionnément

C’est l’histoire d’un amour fou, d’une passion absolue. C’est le conte fantasque d’une famille hors norme. En adaptant le roman à succès d’Olivier Bourdeaut, Victoire Berger-Perrin nous invite à un pas de deux, de trois virevoltant, une ronde euphorisante que la lumineuse Anne Charrier éclaire avec une grâce bouleversante. Une gourmandise à savourer sans tarder.

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Toute ma vie …, poésie noire pour crimes ordinaires

Les mots sont scandés. Le souffle est court. Au sol, une comédienne en état de grâce porte de sa voix grave le monologue puissant, âpre de Remi de Vos. Elle dit l’indicible, conte la banalité du mal qui autorise toutes les violences sous couvert de différence, d’anormalité. Transcendée par la mise en scène dansée, ciselée, de Christophe Rauck, Juliette Plumecocq-Mech irradie tout simplement la scène. Bouleversant !

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D’elle à lui, le fol récital de l’incroyable Emeline Bayart

Réunissant en son sein les femmes amoureuses, qu'elles soient gouailleuses, amoureuses, jalouses ou naïves, Emeline Bayart nous invite à une redécouverte tendre et drôle des chansons à texte qui ont fait les beaux jours du siècle dernier. Présence éblouissante, mimiques inénarrables, la comédienne-chanteuse charme et ensorcèle. Laissez vous séduire par ce petit bijou d’humour et de fantaisie.

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Feydeau(x), le maître du boulevard tout en fougue et jeunesse

Les répliques fusent avec vivacité. Les quiproquos s’enchaînent avec une rapidité déconcertante. S’imprégnant des pièces de jeunesse de Feydeau, Thierry Harcourt nous invite avec malice à découvrir la plume juvénile et pétillante du maître du boulevard. Porté par de jeunes comédiens pétulants et fort talentueux, cet ensemble de saynètes enchante par sa vitalité hilarante, sa sincérité touchante.

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Viva Momix Forever, féerique ballet en trompe l’œil au TCE

Pour célébrer en beauté les fêtes de fin d’année, le théâtre des Champs Elysées nous invite à d’étonnants jeux de lumière, de surprenantes illusions d’optique, savamment orchestrés par la troupe américaine Momix, dirigée par Moses Pendleton. Bien que les effets visuels prennent le pas sur la chorégraphie, ce vagabondage disparate dans une succession d’univers surréalistes, fantastiques, a de quoi séduire petits et grands.

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L’épurée et mentale Tempête de Carsen au Français

C’est un souffle glacial, funeste, qui s’insinue sous les ors de la salle Richelieu. Pas de grands vents, pas de tonitruant tonnerre, mais une tempête sourde, tapie au plus profond de l’âme, du crâne du déchu Prospero, qui déchaîne ses rancœurs, ses passions. Au baroque de cette tragi-comédie shakespearienne, Robert Carsen préfère le dénuement, le plus total, le plus sec, pour en dévoiler la beauté poétique, mortifère. Un moment de théâtre singulier, aride, sublimé par la troupe du Français.

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La Fresque, l’élégant et épuré conte chorégraphique de Preljocaj

Tout en douceur et délicatesse, Angelin Prelocaj s’empare d’un conte chinois médiéval où fiction et réalité se mêlent avec une tendre et envoûtante malice. Dans un style des plus épurés, il signe un ballet magiquement lent et féeriquement hypnotique qui séduit autant les grands que les petits. Une fable dansée saisissante à voir en famille en ces fêtes de fin d’année.

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Festen, le buffet froid et glaçant de Cyril Teste

Tout est beau. Tout est froid. Derrière la glace immaculée des rapports familiaux, l’épure élégante du décorum, l’indicible fait jour. Une zébrure, fêlure de l’enfance, craquèle le vernis trop rutilant du patriarche et libère la juste et corrosive parole du fils prodige. Mixant habilement théâtre et cinéma, tout en évitant l’écueil du copier-coller, Cyril Teste rend hommage à l’œuvre culte de Vintenberg en signant une adaptation somptueusement polaire. Mortifiant !

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Ceux qui restent, la voix vibrante des enfants du Ghetto

Revenues de l’enfer de la guerre, de la persécution, échappées de justesse à l’insurrection du ghetto de Varsovie, deux voix, celles d’un jeune garçon et de sa cousine, s’élèvent dans le silence assourdissant d’une mémoire commune que beaucoup aimerait ne pas voir ressurgir. Ravivant des plaies enfouies, David Lescot libère une parole trop longtemps tue qui touche en plein cœur. Bouleversant !

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Les trois sœurs,
ballet scénique envoûtant et mortifère d’une génération désespérée

Utilisant le même procédé scénique que pour Ibsen Huis, l’un des coups de cœur du dernier festival d’Avignon, Simon Stone nous entraîne dans le quotidien si banal, si commun, des Trois sœurs de Tchekhov, nous immerge dans l’enfermement oppressif, dépressif et pourtant si vital, de cette famille vouée au malheur, à la déshérence. Conservant l’essence de l’œuvre originelle, le metteur en scène australien perd en mélancolie slave ce qu’il gagne en vitalité funeste.

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Douze hommes en colère, huis-clos judiciaire à la tension trop retenue

Ils ont la vie d’un jeune adolescent entre les mains. Mais vont-ils en leur âme et conscience, « sans doute légitime » le condamner à la peine capitale ? Scrutant les pensées, disséquant les réactions de ces douze personnalités hétéroclites, Reginald Rose signe un huis clos oppressant sur fond de préjugés de classes que la mise en scène sobre et trop classique de Charles Tordjman souligne efficacement sans pour autant lui donner toute sa puissance subversive. 

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La leçon de danse, douce romance au pays des névroses

Deux âmes blessées, deux corps solitaires, se jaugent, se cherchent, se percutent par un hasardeux concours de circonstances. Empruntant les codes de la comédie romantique, Mark St Germain signe une pièce beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît sur les rapports humains que la mise en scène et l’interprétation d’Andréa Bescond et Eric Métayer soulignent avec finesse et intelligence. Magique !

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L’Avare, une version conviviale et divertissante signée Jean-Philippe Daguerre

Revenant aux sources de la farce burlesque de Molière, avec la gourmandise et la simplicité qui le caractérise, Jean-Philippe Daguerre monte un Avare façon théâtre de tréteaux des plus sympathiques. Sans fioriture, allant à l’essentiel, il signe un spectacle rythmé, drôle et vivant qui séduit petits et grands. Une friandise savoureuse et douce aux parfums d’antan à partager en famille.

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Les fourberies de Scapin diablement bien troussées au Français

Cheveux hirsutes, visage et geste de pantomime, voix de velours roublarde, Benjamin Lavernhe se glisse avec virtuosité dans la peau de Scapin, valet bouffon et facétieux. Pris dans ses drolatiques rets, saisi par sa présence lumineuse, on est totalement happé par son jeu fougueux que la mise en scène virevoltante de Denis Podalydès souligne avec drôlerie et malice. Hilarant !

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Les Vibrants ou le théâtre comme thérapie aux maux de l’âme

Estropiés, défigurés, des milliers de soldats ont vu leur vie, leur destin brisés par la guerre de 14-18. Afin de leur rendre hommage, Aïda Asharzadeh s’est penchée sur le destin d’une de ces gueules cassées. Mêlant habilement estime de soi et immersion dans le monde d’illusion qu’est le théâtre, elle signe un texte bouleversant que la très esthétique mise en scène de Quentin Defalt souligne magnifiquement. Poignant !

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Le dernier jour d’un condamné,
plaidoyer humain et vibrant contre la peine de mort

Face à la mort, le cœur palpite. Les battements s’accélèrent. Affranchie de toute contrainte morale, la conscience libère la parole qui coule tel un flot torrentiel, vibrant, livrant une vision inhumaine des tortures psychologiques infligées aux condamnés à mort. En s’emparant du texte manifeste de Victor Hugo, Jean-David Lesné signe une pièce bouleversante, un brûlot puissant que la mise en scène ciselée de François Bourcier et le jeu habité de William Mesguich soulignent impeccablement.

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Les particules élémentaires, Houellebecq exalté par la fougue de Gosselin

Au roman monstre de Houellebecq, il fallait toute la verve juvénile, l’audace insouciante du fascinant Julien Gosselin. S’appropriant le texte noir de l’écrivain qui allie cynisme et humanisme, le jeune metteur en scène, de moins de 30 ans, en fait une matière chorégraphique, dramatique où le soufre devient romance, l’immonde réalité poétique. Un choc atomique, électrique, une leçon de vie.

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La nostalgie des blattes,
fable humaniste et méchamment drôle sur le naufrage d’un monde aseptisé

Les mots fussent, féroces, aigris, diablement caustiques. Les répliques assassines font mouche, les saillies drolatiques sont du miel terriblement savoureux, diantrement hilarant. Porté par deux fascinantes comédiennes, qui prennent un malin plaisir à jouer les vieilles médisantes, les odieuses acariâtres, le texte acide, âpre et piquant de Pierre Notte, dénonçant les dérives conformistes d’une société froide et clinique, s’envole et nous envoûte. Bravo !

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Le dernier cèdre du Liban ou la quête enragée d'une identité

Il y a des fureurs qui masquent des blessures profondes. Il y a des souffrances intimes que l’absence, l’abandon semblent rendre inapaisables. Et puis, il y a ce moment de bascule, où une confession change tout, explique l'inexcusable. De sa plume rageuse, ciselée, Aïda Asgharzadeh nous entraîne au plus près de ce parcours initiatique, qui mène de la haine au pardon, de l’adolescence à l’âge adulte. Un moment de théâtre intense porté par deux comédiens virtuoses.

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Toute entière Vivian Maier, qui êtes vous ?
ou l’évocation troublante d’une femme discrète

Au-delà des photographies qui ont fait la renommée post mortem de cette gouvernante borderline, Guillaume Poix nous entraîne dans une quête introspective au plus prés de ses pensées et nous plonge dans les méandres d’une âme tourmentée. Totalement habitée par son personnage, Aurélie Edeline est Vivian Maier jusqu’à la schizophrénie. Époustouflant !

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O-Dieux, une immersion totale et impartiale au cœur du conflit israélo-palestinien

Trois voix de femme s’élèvent dans le fracas de la guerre, dans le bruit assourdissant des explosions. Chacune, riche de sa culture, de son héritage, de sa religion, évoque le conflit israélo-palestinien, ses positions, son regard sur ce conflit sans fin. Sans jugement, Stefano Massini conte, par le truchement de la lumineuse Marie-Cécile Ouakil, le destin tragique de trois êtres pris à leur corps défendant dans une tourmente mortifère. Bouleversant !

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Olympia ou la mécanique des sentiments,
une fable lyrique et fantastique sur fond de mythe promothéen

Dans une atmosphère très XIXe siècle, qui n’est pas sans rappeler l’univers de Frankenstein ou Docteur Jekyll et Mister Hyde, un jeune et brillant savant esseulé cherche à créer la compagne parfaite. S’inspirant des œuvres fantastiques d’E. T. A. Hoffmann, Vanessa Callico et Jerôme Boudin-Clauzel 
signent un conte lyrique entre onirisme et fantasmagorie que la mise en scène baroque de William Mesguish souligne avec virtuosité. Une fantaisie opératique fascinante !

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Scena madre*, ballet itératif entre fiction et réalité

Les scènes se répètent à l’envi, s’étoffent, se rembobinent. Les corps se cherchent, se trouvent, s’étreignent et se repoussent. Les phrases pêle-mêle sont assénées, redites formant une sorte de litanie inspirée du jeu des cadavres exquis. Brouillant les pistes, s’affranchissant des codes, Ambra Senatore esquisse une pièce chorégraphique espiègle, déroutante et surréaliste. Une fantaisie insolite et hypnotique !

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Bestie di Scena ou l’humanité dans sa crue nudité

Emma Dante surprend, interloque et décontenance comédiens et spectateurs dans une histoire sans paroles, âpre, crue et féroce. Forçant les consciences, obligeant chacun à poser son regard sur la nudité de l’autre, sur la nature profonde de l’être humain, elle surprend et saisit un auditoire abasourdi, conquis. Au-delà des clichés, des normes, Bestie di Scena est un cri déchirant d’amour à l’humanité malgré ses perversions, ses avilissements, ses asservissements. Un ballet des corps bouleversant !

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Sandre, confession mortifère d’une femme blessée

A l’heure où les dés de la destinée sont jetés, où tout est joué, une voix solitaire, trop longtemps tue, s’élève. Elle conte son quotidien, ses espoirs, ses rêves, ses premières fêlures, ses blessures mortelles. De cet ultime souffle de vie, la plume vibrante, ciselée de Solenn Denis en fait un grand et tragique cri d’amour que l’interprétation éblouissante, incarnée d’Erwan Daouphar souligne magistralement. Un bijou théâtral poétique, glaçant !

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Adieu Monsieur Haffmann,
un huis-clos oppressant au temps de l’occupation

Deux hommes, une femme, un Paris à feu et à sang, un Juif qui se terre pour éviter les rafles, un marché odieux, abject, sont le sel noir de ce huis clos sous haute tension. De sa plume ciselée, acérée, Jean-Philippe Daguerre signe un texte intense, vibrant sur la nature des rapports humains exacerbés par la guerre, l’occupation, que sa mise en scène souligne avec finesse et doigté. Un huis-clos psychologique bouleversant, passionnant !

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Une Antigone zen et distanciée dans la cour des papes

Tout est calme, volupté. Rien ne vient rompre la quiétude des lieux, la surface de l’eau qui recouvre le sol de la scène. Ni la fureur de Créon, ni les bravades d’Antigone ne viendront briser la douce harmonie qui règne dans la cour du Palais des papes. En revisitant le mythe tragique de Sophocle, Satoshi Miyagi invite à un voyage immobile, hypnotique dans l’art japonisant du théâtre. Déconcertant !

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Juste la fin du monde, cinglante et acide confrontation familiale

Les mots se chevauchent, trébuchent, se relèvent et frappent, mais jamais en plein cœur. Les non-dits, les sentiments inexprimés, masquent à tout jamais les vérités enfouies de cette famille aimante et désunie. Porté par la mise en scène épurée de Jean-Luc Mouveaux, ce huis-clos doux-amer, ciselé par la plume vive de Jean-Luc Lagarce, confronte les peurs de chacun, les amours filiales et fraternelles qui surgissent à contretemps. Une jolie réussite !

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Grand Finale, l’hypnotique et frénétique transe mortifère d’Hofesh Schechter

Son saturé, musique assourdissante, énergie désespérée des corps en perdition nous entraînent au cœur de cette fresque poétique, de cette œuvre sombre, qui esquisse par touches, la noire beauté d’un monde désenchanté au bord de l’explosion. De son écriture vive, précise, Hofesh Schechter décrit magnifiquement l’urgence de nos sociétés, leur ultime souffle vital. Un moment intense, une danse bouleversante à éprouver et savourer au plus vite. 

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Noces, Raphaël Enthoven donne vie aux mots de Camus

Voix chaude, envoûtante, le ténébreux philosophe nous invite à un ensorcelant voyage au cœur des mots d’Albert Camus. Loin d’une simple lecture, il s’approprie le texte de l’écrivain, il lui insuffle une vie faite de nuances et de couleurs. Au fil des pages, le vent chaud du désert, le soleil brûlant d’Algérie semblent caresser nos peaux. Du grand art !

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Cendrillon,
fable noire et drolatique pour petite-fille neurasthénique

Loin du conte populaire et édulcoré de Perrault et de la version « pastellisée » proposée par Disney, Joël Pommerat réinvente le mythe de Cendrillon en se plongeant dans les affres de l’enfance confrontée à la mort et au poids de la culpabilité. Espiègle, malicieux, il signe une fable contemporaine poignante et drôle, aux faux airs de parcours initiatique. Une fantaisie trash, hilarante.

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Les Flottants, le conte noir et absurde des amours perdues

Les mots, tel un torrent furieux, coulent. Les assertions frappent incongrues, singulières. Les situations ubuesques, décalées charment et ensorcellent. Portée par des comédiens épatants, la fable noire de Sonia Nemirovsky nous emporte dans le tourbillon impétueux de son écriture acide que la mise en scène lumineuse de Bertrand Degrémont, transcende. Une friandise aigre-douce fort savoureuse.

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L’ombre de Stella :
Les confessions intimes, acides d’une vieille dame

Plongeant dans ses souvenirs, une dame de compagnie marquée par les ans, amie intime d’une star controversée du XXe siècle, livre dans un long monologue âpre, drôle, leurs secrets les plus intimes, leur vie commune entre amour et haine. Se glissant dans la peau de cette gouailleuse de l’ombre, guidé par la mise en scène sobre, ciselée de Thierry Harcourt, Denis D’Arcangelo expose en pleine lumière toute l’étendue de son talent. Épatant !

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Le Testament de Marie, Dominique Blanc en majesté

Une voix claire, douce, rageuse, s’élève contre les évangiles, les croyances ancestrales. Elle hurle sa vérité de mère meurtrie à la face de ce monde cruel qui lui a enlevé son fils. C’est le cri déchirant, vibrant d’une femme devenue iconique malgré elle, enfermée dans sa douleur et restée trop longtemps dans un silence coupable. C’est le souffle destructeur, Le Testament de Marie, mère de Jésus que nous livre, dans une interprétation magistrale, intense, une Dominique Blanc humaine, bouleversante.

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Le Horla, captivante et saisissante descente aux enfers

Les mots de Maupassant, inquiétants, hallucinants, prennent vie sur la scène du théâtre Michel. Ils nous saisissent, nous happent et nous entraînent dans ce tourbillon mortifère, dans ce chemin sinueux et trouble qui mène à la folie. La mise en scène sobre, ciselée, de Slimane Kacioui, et le jeu habité, vibrant, de Florent Aumaître donnent à entendre toute la modernité de cette fable fantastique. Un intense et bouleversant moment de théâtre.

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L’Histoire d’une femme,
une lutte quotidienne contre le sexisme

C’est le cri déchirant d’une femme contre le machisme ordinaire, contre une société misogyne. C’est la voix lucide d’un être abîmé par la vie, le mâle orgueil, et des situations ubuesques lui rappelant son appartenance au sexe faible. Toute en verve, Muriel Gaudin s’empare fougueusement, viscéralement du brûlot de Pierre Notte. Une parole plus féminine que féministe à entendre sans tarder.

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Le déni d’Anna, le deuil dans tous ses états

Face à la perte d’un proche parti beaucoup trop tôt, chacun réagit comme il le peut pour supporter l’intolérable, le vide, l’absence. En s’attaquant au deuil sans tabou et avec auto-dérision, Isabelle Jeanbrau signe une pièce percutante, burlesque et irrésistiblement drôle. Loin du politiquement correct, elle dresse le portrait pittoresque et bigarré d’une famille dans le déni. Brillant !

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Marie-Antoinette en toute intimité

Dépensière, ogresse assoiffée du sang du peuple, c’est l’image de soufre et de stupre que les pamphlets ont laissée d’elle à la postérité. Le travail minutieux d’Evelyne Lever, sur la correspondance privée de Marie-Antoinette, dévoile la femme au-delà des apparences. L’écriture vive de la dernière Reine de France, soulignée par la sobre mise en scène de Sally Micaleff et le jeu nuancé de Fabienne Périneau, révèle sa vraie nature vibrante et sacrificielle.

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Soudain l’été dernier,
huis clos sous haute tension à la lisière de la folie

Les mots, que l’on voudrait étouffer, s’insinuent dans le monde fantasmé d’une mère en deuil, fissurent l’image idéalisée d’une famille au bord de l’explosion et libèrent l’esprit d’une jeune fille, brisée par un événement indicible. S’inspirant de l’esthétisme du film de Mankiewicz sans le copier, Stéphane Braunschweig brouille les pistes et signe une pièce troublante aux confins de la folie.

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Intra muros,
huis-clos carcéral onirique et salvateur

Conteur invétéré, maître du temps et de l’espace, magicien des mots, Alexis Michalik nous entraîne, une nouvelle fois, dans un autre monde entre réalité et fiction, dans une spirale infernale, déroutante. S’inspirant de ses rencontres avec des détenus, il tisse une bouleversante histoire d’amour par-delà les murs de la prison. De sa plume ciselée, de ses mises en scène tourbillonnantes, il signe un spectacle « tréteaux » fantastique, émouvant.

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Rock’n chair, inventif et ludique ballet

Sur les rythmes rock des Doors, quatre danseurs livrent leur corps au hasard d’un public joueur. En proposant aux spectateurs d’être acteurs, voire co-auteurs de son spectacle, Arthur Perole s’amuse des codes en offrant un étonnant ballet ludique construit comme un jeu de société autour de quelques phrases chorégraphiques qui se répètent à l’envie. Epatant.

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Timon d’Athènes,
une satire noire et acide de la cupidité humaine

Les mots frappent, cognent, fissurant le masque aimable et souriant d’une humanité pourrie par l’avidité, la convoitise. Ils révèlent la noirceur de l’âme, transformant le bon vivant, le philanthrope, en un hargneux et rugueux misanthrope. Soulignée par la mise en scène sobre et moderne de Cyril le Grix et l’interprétation étincelante de Patrick Catalifo, cette pièce peu connue du répertoire de William Shakespeare résonne étrangement dans nos consciences, tant elle fait écho à l’actualité. Une belle réussite !

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Lucrèce Borgia,
une reprise sublimée au Français

L’empoisonneuse, la vengeresse, Lucrèce Borgia mise en scène par Denis Podalydès, revient sous les ors du Français, magnifiée par une nouvelle distribution, imperceptiblement plus flamboyante, plus humaine. Les présences habitées et vibrantes de la sublime Elsa Lepoivre et du lumineux Gaël Kamilindi sont pour beaucoup dans la beauté bouleversante de cette reprise. Une réussite à (re)découvrir au plus vite.

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L’envers du music-hall,
une balade captivante dans les coulisses du spectacle vivant

Caustiques, cinglants ou tendres, les mots de Colette prennent vie au studio de la Comédie-Française. Ils envahissent la salle et résonnent magnifiquement à nos oreilles. En adaptant avec malice et espièglerie, ce passionnant récit d’une des vies moins connues de l’auteure du Blé en herbe, Danièle Lebrun nous invite à un fascinant voyage au delà des cintres, des décors, des rideaux rouges et des planches. Renversant !

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Forbidden di Sporgersi,
œuvre singulière et poétique au-delà des mots

Des images étonnantes, oniriques, s’impriment sur nos rétines ébahies. Des sons étranges nous bouleversent ou agressent nos tympans, c’est selon. Des mots se mêlent insolites, surprenants, et révèlent la pensée d’une âme pure, celle d’une jeune poétesse autiste. En construisant son spectacle autour des poèmes de Babouillec, Pierre Meunier et Marguerite Bordat signent une œuvre hors du temps, envoûtante, qui dépasse la raison. Une expérience à tenter sans tarder.

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Fantasio,
farce opératique noire, envoûtante et burlesque

Tout est noir, sombre, obscur. Tout respire la mélancolie, l’affliction. Le pays est en guerre, le peuple exsangue, et la princesse a perdu son vieux fou. Un évènement heureux et un personnage de conte de fées vont réveiller ce monde léthargique, engourdi, en le peignant aux couleurs de l’arc-en-ciel dans un final aux allures de feu d’artifice. En enfant terrible et prodigieux du théâtre et de l’opéra, Thomas Jolly insuffle ingénieusement la vie dans cette œuvre oubliée d’Offenbach. Un coup de maître fascinant, une réussite ovationnée chaleureusement.

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Darius, les élans olfactifs et bouleversants d’une mère

Des parfums étranges et envoûtants, flottent dans l’air, envahissent l’espace. Réminiscences d’un passé révolu ou purs produits de notre imagination, ils nous invitent à un voyage immobile au-delà des murs, dans d’autres lieux, réels ou fictifs. Arrangée avec délicatesse et humour par Anne Bouvier, cette balade olfactive au cœur des sens nous touche au cœur et nous ensorcelle. Porté par une Clémentine Célarié, radieuse, poignante, et un Pierre Cassignard, tout en retenue fiévreuse, ce singulier moment de théâtre ne demande qu’à vous enivrer sans retenue. Saisissant.

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Abigail’s party ou la valse grinçante des frustrés

La soirée entre voisins s’annonce des plus réussies, alcool et musique à gogo. Très vite, derrière les façades si semblables, si proprettes, d’un lotissement de la banlieue londonienne, les frustrations, les jalousies, les aigreurs, vont faire voler en éclats les masques, révéler les fêlures de chacun. De sa plume trempée dans du vitriol, Mike Leigh signe une satire mordante et hilarante de la classe moyenne anglaise des années 1970 que la mise en scène haute en couleurs criardes de Thierry Harcourt souligne avec malice. Une « party so seventies » à ne pas rater.

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Soyez-vous même ou l’ubuesque entretien d’embauche

Deux femmes se font face dans un huis clos glaçant, cruel et hilarant. L’une, accorte et enjouée, rêve de décrocher enfin un emploi. L’autre, chétive et austère, cherche la candidate idéale pour la seconder. De ce rapport de force entre offre et demande, entre séduction et répulsion, Côme de Bellescize signe un spectacle percutant et burlesque sur le monde du travail et ses dérives. Une friandise douce-amère terriblement jouissive.

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Orfeo,
descente décalée et burlesque aux enfers

Dans le monde des demi-dieux, l’agitation est à son comble. Orfeo va épouser la belle Eurydice. Malencontreusement, cette dernière meurt, obligeant son gauche chevalier à l’aller chercher aux portes de l’enfer. De cette tragédie romantique, opératique, le duo Jeanne Candel et Samuel Achache en extrait l’essence et signe une adaptation haute en couleurs, hilarante et sensible. Une friandise acidulée, poétique, un brin mélancolique, à déguster au plus vite.

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L’ombre de la baleine,
parcours initiatique drôle et poétique d’un jeune rêveur

Tel le capitaine Achab poursuivant Moby dick, monstre des mers qui hante ses pensées, Mikael Chirinian plonge dans ses souvenirs à la recherche de cette ombre noire, sombre, qui plane sur le foyer de son enfance. Mêlant fiction et réalité, interprétant une galerie truculente de personnages, il livre une tragicomédie intense et bouleversante où les rires ne sont jamais loin du drame. Un seul-en-scène drôle et émouvant à savourer au plus vite.

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Urfaust,
un amour sous les feux ardents du diable

Quand il écrit cette première version inachevée de Faust, Goethe, alors jeune poéte, y dépeint sans complaisance, avec un cynisme froid, lucide, l’humanité dans toute sa noirceur, toute sa crédulité face à un Méphisto diablement manipulateur. Si Gilles Bouillon nous perd dans des ellipses maladroites, les comédiens, tous excellents, nous emportent dans le tourbillon mortifère de cette fable sombre et radicale.

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Vie et mort de H,
une valse noire terriblement drôle

Les mots brûlent, emplis d’acide et de venin. Ils sont dans la bouche des gens prétendument heureux, des armes d’intense plaisir pour rabaisser les autres, les faibles et les enferrer dans le malheur. Montée par l’ingénieux Clément Poirée, portée par une troupe épatante de comédiens, la deuxième pièce d’Hanokh Levin s’anime en un étrange et hilarant ballet pantomimique et burlesque. Une farce noire fascinante, un bijou cynique et jubilatoire !

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Moi, Caravage
les confessions brûlantes d’un peintre maudit

Entre ombre et lumière, Cesare Capitani nous plonge dans la vie trépidante et tumultueuse du Caravage. En adaptant le fascinant roman de Dominique Fernandez, La Course à l’abîme, il nous entraîne au plus prés de ce génie incompris de la peinture. Il en dessine les moindres traits, les plus petites failles. Flamboyant, outrancier, provocateur, il a peint comme il a aimé, comme il a vécu, sans limite, sans retenue. Époustouflant !

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Elvira (Elvire Jouvet 40),
une intense leçon de théâtre

Les mots de Jouvet frappent, cognent, malmènent la jeune élève, victime consentante du grand homme, et la pousse dans ses retranchements. Ils la libèrent peu à peu de ses chaînes, brisent ses dernières réticences pour qu’elle donne le meilleur d’elle-même, qu’elle soit l’Elvire de Don Juan, cette femme bafouée rêvant d’offrir à l’homme qu’elle aime une rédemption. Véritable voyage à travers le temps, cette leçon de comédie menée de main de maître par Toni Servillo est un hymne au théâtre, un brin nostalgique, au charme désuet. Captivant !

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Le temps et la chambre,
l’absurdité jusqu’au vertige

Dans un espace immensément vide, des corps se cherchent, s’apprivoisent et se fuient dans un ballet fantômatique et singulier. Mêlant passé et présent, réel et fiction, Bothos Strauss signe une pièce patchwork où les mots sonnent, résonnent dans une étonnante et poétique litanie. Loin de lisser l’absurdité de son propos, il l’accentue en superposant à l’emporte-pièce des bouts de vie, des éclats d’humanité que seule la solitude unit. Déconcertant, hypnotique, Le temps et la chambre séduit par son étrangeté et le jeu intense et détaché de comédiens hors pair. Un Ovni théâtral à ne pas manquer !

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Roméo et Juliette,
la passion amoureuse dans la tourmente dictatoriale

Tout est sombre, gris, noir. Enferrés dans un monde apocalyptique et dictatorial imaginé par Enki Bilal, les corps se cherchent avec fougue, se jettent l’un contre l’autre avec la vitalité du désespoir et s’étreignent avec une violence inouïe. Revisitant une de ses premières chorégraphies, Angelin Prejlocaj nous invite au cœur d’une tragédie tant amoureuse, que sociale et politique. Bouleversant !

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Le Petit-Maître corrigé,
le Français dépoussière un Marivaux oublié

Dans une ambiance légère et champêtre, les amours se font et se défont sous les ors de la Comédie Française. Vanité, arrogance, apanages d’un monde de cour superficiel et vicié vont se heurter et se briser face à la sincérité et l’honnête d’une province ancrée dans la réalité de la terre. En ressortant des placards, cette œuvre très peu jouée de Marivaux, Clément Hervieu-Léger s’amuse des codes du théâtre classique pour mieux s’en affranchir et signe un spectacle haut en couleur, virevoltant et facétieux. Une jolie et bucolique gourmandise !

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Pour un oui pour un non,
quand l’absurdité fait vaciller l’amitié

Vénéneux, ambigus, les mots instillent une ombre noire, mortifère entre ces deux amis de longue date. Les non-dits, faussement protecteurs, sortent d’un silence trop poli réveillant les rancœurs endormies. En questionnant la nature des sentiments, l’absurdité des relations humaines, Nathalie Sarraute signe un texte acéré et féroce sur une société normée faite de faux-semblants que l’ingénieuse mise en scène de Léonie Simaga souligne parfaitement. Un duel théâtral magistral et envoûtant.

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Ce ne andiamo per non darvi altre preoccupazioni,
la crise en grand deuil aux ateliers Berthier

La mort rode, s’immisce froide, glaciale, sur la scène des Ateliers Berthier. Elle nous prend à la gorge par sa violence, sa brutalité. Alternative sacrificielle en temps de crise financière, elle se concrétise sous la forme du suicide collectif de quatre grecques sexagénaires refusant d’être à la charge d’un Etat à l’agonie. Profondément marqué par ce geste funeste et solidaire que Pétros Márkaris décrit dans son roman Le justicier d’Athènes, le duo italien, Daria Deflorian et Antonio Tagliarini, y puise une matière tragicomique et signe un conte noir, digressif où les rires se mêlent aux larmes.

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Le Cerf et le chien,
une comptine anthropomorphe délicate et savoureuse

Dans le monde poétique et magique de Delphine et Marinette, les animaux parlent. Ils content leur vie, se lient d’amitié et interagissent avec les humains. Parfaitement campés par la troupe du Français, ils nous entraînent dans leur trépidante aventure où générosité et tolérance ne sont pas de vains mots. Ainsi, après le Loup, l’an passé, Véronique Vella réveille, avec malice et infinie ingéniosité, Le cerf et le chien, un autre opus des contes du chat perché de Marcel Aymé. Une fantaisie touchante et humaine à découvrir en famille à l’occasion des fêtes de fin d’année.

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Le Roman de Monsieur Molière ou la vie trépidante d’un saltimbanque enfiévré

Son nom est associé à l’excellence et à la beauté de la langue française. Depuis des siècles, son œuvre est joué à travers le monde et émerveille toujours autant  les spectateurs qu’ils soient experts ou novices. La musicalité de ses vers, son humour ravageur et son sens aiguisé de la satire n’ont pas pris une ride. Sa vie est un roman épique, trépidant, magnifiquement mis en mots par Boulgakov, magistralement adapté au théâtre par Ronan Rivière. Mêlant ingénieusement la prose du dramaturge russe, les alexandrins de l’auteur du Bourgeois Gentilhomme et des Femmes savantes et les partitions baroques de Lully, le jeune comédien narre avec intensité burlesque et passion exaltée la vie de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière.

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Les masters de feu 2016

Ce concours international d'art pyrotechnique s'est déroulé samedi 24 septembre, à l'hippodrome de Compiègne. Trois sociétés pyrotechniques ont concouru et représentaient leur pays : la société Caballer pour l'Espagne, la société Parente pour l'Italie et la société Fire-Event, l'Autriche. En clôture de spectacle, les français d'ArtEventia ont présenté le final pour lequel ils ont été médaillés de bronze en 2015.

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