La reliure consiste à assembler les pages d’un livre et à les protéger par une couverture. C’est à la fois une technique de fabrication, un moyen de conservation et un art décoratif : le relieur peut mettre en valeur un texte par les matériaux, les couleurs, les textures et les motifs choisis. La reliure traditionnelle, se fait généralement plusieurs étapes, il faut préparer les cahiers, les coudre ensemble, former le dos du livre en le consolidant, ajouter les plats de la couverture et les recouvrir, enfin décorer l’ouvrage.

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Les différentes parties d’une reliure

Visuels : ©La Société des Hôtels Littéraires -  Poète assassiné de Guillaume Apollinaire.

Le dos : partie arrondie du livre qui comporte le nom de l’auteur et le titre ;

Les plats : les deux parties plates de la couverture ;

 La tête : le haut de la reliure ;

La queue : le bas ;

La gouttière : arrondi extérieur du livre, arrondi comme une gouttière ;

Les coiffes : le haut et le bas du dos, petit retour plat du cuir ;

Les tranchefiles : souvent brodées en soie. A l’origine elles étaient très imposantes et solides, et formaient de véritables poignées permettant d’attraper le livre dans la bibliothèque. Ce ne sont plus que des éléments décoratifs sur les reliures soignées. Elles peuvent être moins luxueuses en cuir ou en papier ;

Les gardes : Il s’agit de l’habillage intérieur de la reliure : gardes de contreplat, en papier, en soie ou en cuir, et gardes volantes en regard de la gare de contreplat. Pour faire la transition avec le livre lui-même il y a aussi plusieurs gardes blanches, destinées à protéger le livre des opérations de reliure.



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Les matières

Visuels : ©La Société des Hôtels Littéraires - Bleu dans le Miroir de Luis Mizó
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LES CUIRS  

Maroquin : peau de chèvre à gros grain très résistante à tannage végétal suivant un procédé qui viendrait du Maroc, utilisée en reliure pour les ouvrages de qualité. Par extension désigne un portefeuille de cette matière porté par les ministres ;

Basane : peau de mouton lisse et molle utilisée en reliure courante ;

Veau : peau lisse très dense et souple, perméable par son tannage végétal, permettant en reliure des estampages et colorations.

Box : peau de veau lisse et dense imperméable par son tannage au chrome, utilisée en reliure et maroquinerie. Elle peut être très brillante ;

Oasis : peau de chèvre rousse de Maradi au Niger, dite « la vache du pauvre ». Elle se caractérise par son grain très veiné et sa belle densité, apte à la reliure de qualité.

Chagrin : peau de chèvre à petits grains, très utilisée en reliure et de qualité intermédiaire entre le maroquin et la basane.

LES PEAUX EXOTIQUES  

Karung : peau de serpent d'eau douce à très fines écailles géométriques ;

Lézard et crocodile ;

Grenouille, anguille ;

Peaux de poisson : roussette, requin, saumon, galuchat. Ces peaux sont apparues au début du XXème siècle en reliure, pour suivre le mouvement des Arts Décoratifs de l’époque : mobilier, mode, objets de décoration...

Le parchemin : bien qu’étant une peau utilisée en reliure, le parchemin n’est pas un cuir : celui-ci résulte d’un tannage. Le parchemin n’est que le derme de la peau, dégraissé, raclé et passé à la chaux, puis tendu sur un cadre pour le rendre plat et propre à l’écriture ou à la reliure.

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Les structures de reliure

Visuels : ©La Société des Hôtels Littéraires - Le leporello des poèmes de Robert Desnos « Fortunes ».

Reliure passée en cartons : technique la plus classique et la plus solide consistant à fixer les ficelles de couture des cahiers dans les cartons de couverture

Bradel : reliure mise-au-point au moment de la Révolution française, période où les matières de couvrure manquaient : il s’agissait d’une reliure d’attente, le corps d’ouvrage (le bloc des pages) étant préparé entièrement jusqu’à l’étape finale de couverture. Ce type de reliure présente une gorge entre le dos et les plats, qui permet une ouverture totale du livre, le livre tenant à sa reliure par le collage des gardes. On l’appelle aussi emboîtage ;

Reliure à plats rapportés : Les ficelles de couture ne sont pas insérées dans les cartons : le livre est préparé entièrement sans la reliure, le dos est recouvert de son cuir puis les plats sont collés sur les bords du dos. La reliure tient par le collage des gardes, comme pour le bradel, ce qui la rend assez fragile ;

Reliure japonaise : structure développée à la fin du XXème siècle rappelant les coutures des ouvrages asiatiques, un fil de soie retenant les cahiers sur le côté et formant un bloc sur le côté gauche. Les cahiers du livres sont montés sur des onglets qui sont ensuite superposés et collés ensemble pour former ce bloc. Celui-ci sera habillé de cuir, de papier ou de tissu, voire inséré dans des matériaux composites comme du polycarbonate (reliures d’Edgar Claes ou Philippe Fié), de la résine époxy (Nathalie Berjon) ou du métal ;

Reliure à doubles cartons : reliure dont les plats sont composés de deux cartons superposés permettant de créer des vides dans le carton supérieur, pour des décors sur plusieurs niveaux. Les chants du carton évidé sont soit teintés soit habillés de peau ;

Reliure souple : Utilisée pour la couverture de petits fascicules ou brochures, c’est une reliure très légère.

 
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Les différentes couvertures en reliure


Visuels : ©La Société des Hôtels Littéraires -  reliures dédiées aux poètes surréalistes. 

Reliure pleine peau : le cuir recouvre le livre en totalité ;

Reliure demi-cuir : seul le dos est recouvert de cuir, et revient sur une partie des plats de manière plus ou moins large suivant les époques ;

Dos à nerfs : le dos est orné de petites côtes horizontales, 5 nerfs de façon classique ou 4 nerfs. L’auteur et le titre sont placés dans les entrenerfs ;

Reliure à coins ou à bandes : les coins de la reliure sont protégés par des angles en cuir ou par des bandes verticales de cuir ;

Gardes bord-à-bord : l’intérieur de la couverture, le contreplat, est habillé du même cuir que l’extérieur de la reliure, pour une continuité visuelle et pour former la charnière intérieure de la reliure ;

Gardes en soie, doubles gardes, gardes en daim : gardes précieuses montées en encadrement sur les contreplats et comme gardes volantes.



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Les techniques de décor


Visuels : ©La Société des Hôtels Littéraires - Mon Cher Ami. 

Reliure janséniste : issu du mouvement janséniste du XVIIème siècle, on appelle reliure janséniste la reliure dépourvue de tout décor. Elle est exécutée avec des matériaux nobles et une technique parfaite. On admet cependant un beau titre doré à l’or fin. On notera cependant que les collectionneurs demandaient parfois à leur artisan des ornementations spectaculaires à l’intérieur de la reliure sur les gardes ;

Dorure sur cuir : Terme générique pour désigner l’ornementation de la reliure, qui comprend aussi bien l’apposition de l’or et de films de couleur (oeser) que les mosaïques de cuir ou autres matériaux composant le décor ;

Filets dorés : ce sont des lignes droites ou courbes ornementant la reliure en cuir. Ces filets peuvent aussi être noirs et sont dits « au froid naturel » et au noir de fumée ;

Palettes ornées et roulettes : instruments en bronze que l’on va chauffer pour marquer le cuir, sur le dos et les plats ;

Fleurons : éléments décoratifs en bronze montés sur tiges ;

Mosaïques : ce sont des éléments décoratifs rapportés sur la reliure, en peau ou autres matériaux. Elles peuvent être bombées, à plat, serties ou non de filets ;

Estampage du cuir : certaines reliures contemporaines sont réalisées avec des cuirs travaillés avant leur pose sur le livre : le cuir étant une matière perméable permet l’impression par estampage d’éléments de décor, et peut ensuite être également poncé et teinté. 

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