L’exposition qui se tient au Musée Réattu, à Arles, retrace le parcours de dessinateur de Christian Lacroix depuis le milieu des années 1950, à travers un riche fonds de dessins inédits prêtés par l’association « Archives et Patrimoine Monsieur Christian Lacroix », récemment installée à Arles. Ce fonds dont l’objectif est de développer la recherche autour de l’œuvre de Christian Lacroix, conserve ses croquis d’enfant, ses dessins de mode, ses maquettes de costumes de scène, mais également ses illustrations pour des livres ou des magazines, …

christian Lacroix
Le dessin en majesté

Visuel : Christian Lacroix, Autoportrait, vers 2020 , dessin à la palette graphique © Monsieur Christian Lacroix 2026.

Le musée des beaux-arts et d’art contemporain d’Arles met à l’honneur le créateur Christian Lacroix, pour la troisième fois, puisqu’en 2008, ce furent ses créations de haute couture qui ont été exposées, alors qu’en 2012  ce sont ses costumes de scène qui formaient un duo avec la donation Picasso.

En 2026, grâce à la diversité des supports conservés (carnets d’hôtels, enveloppes décachetées, post-it, toiles, objets en céramique) et des techniques expérimentées (crayon, feutre, encre, gouache, acrylique, palette graphique, collage), l’exposition  témoigne d’une pratique constante et intime du dessin chez Christian Lacroix, qui adapte son trait aux thématiques qui émaillent son œuvre.

Cette nouvelle exposition se penche donc sur la question du dessin, qui est probablement l’aspect le moins reconnu, mais aussi le plus intime, de sa création. Depuis son enfance, Christian Lacroix a développé un dessin d’une grande virtuosité, empruntant des médiums très variés qu’il manie, encore aujourd’hui, avec le même geste incisif et spontané. L’association « Archives et Patrimoine Monsieur Christian Lacroix », installée récemment à Arles, conserve un important ensemble de ces dessins, qui a été généreusement prêté pour l’exposition.


dessin femme
Immersion au cœur du travail du dessinateur

Visuel : Christian Lacroix, Femme au chien, 2007, dessin à la palette graphique © Monsieur Christian Lacroix 2026.

Souvent annotée, dessinée recto-verso ou enrichie d’un collage, chaque feuille matérialise une pensée en perpétuel mouvement, une créativité sans limites et capture l’instant où l’idée prend forme. Le parcours privilégie l’approche thématique plutôt que chronologique. Il crée des échos entre différentes périodes – de l’école primaire aux études d’histoire de l’art, des prémices de la mode à la consécration de la haute couture dans les années 1980, jusqu’aux projets les plus récents – et met en regard des dessins au style souvent très identifiable, ou au contraire très étonnant.

Né à Arles en 1951, dans le quartier de Trinquetaille, sous les signes du taureau et du lion, Christian Lacroix s’est construit une culture dans laquelle des « totems », au sens quasi sacré du terme, se sont érigés pour ne plus jamais disparaître : Arles, l’Arlésienne, le gardian, le taureau, le torero et le picador, etc. Ce répertoire de formes, de motifs et de couleurs aux vibrations toutes méditerranéennes, qu’il métisse volontiers avec d’autres cultures, ressurgit en permanence dans ses dessins, que ce soit sous la forme de croquis improvisés, de modèles pour la couture ou d’illustrations pour divers projets en lien avec la Provence.

dessin de mode
L’univers de la mode & du Costume

Visuel : Christian Lacroix, Croquis de mode, début des années 90, crayon et feutre sur papier © Monsieur Christian Lacroix-2026.

C’est la haute couture qui a révélé au grand public la personnalité et le talent de Christian Lacroix. Mais avant la création de sa maison en 1987, la mode constituait déjà une obsession pour le jeune arlésien, qui passait un temps infini à étudier et reproduire, à l’aide d’un stylo bille ou d’un feutre, les variations de styles vestimentaires à travers les siècles. A ces premières «  études  » de jeunesse, précises comme des miniatures médiévales et patiemment compilées dans des carnets, succéderont les portraits de styles, de looks croisés dans la rue, puis les premiers modèles de mode dessinés à la gouache sur de beaux papiers pour démarcher les maisons de mode et, enfin, les dessins destinés à alimenter, saison après saison, ses propres défilés. Christian Lacroix, qui n’est pas un technicien du vêtement, élabore dans ce domaine un dessin d’une grande liberté, à contre-courant de celui qui était enseigné dans les écoles de mode, où le trait et la couleur se déploient en toute liberté, où la couture rencontre l’art et touche déjà aux limites du costume de scène.

La création de costumes de scène constitue aujourd’hui la principale activité professionnelle de Christian Lacroix. Son œuvre dans le milieu du théâtre, de l’opéra ou du ballet remonte à près de quarante ans et a été récompensée à trois reprises par un Molière. Mais le goût de Christian Lacroix pour le costume est ancien et s’ancre dans une pratique plus personnelle : quand, dans sa jeunesse, il revenait de l’opéra insatisfait d’une production, il passait des jours entiers à redessiner sa propre mise en scène, ses propres décors et ses propres costumes. Cette passion intime se concrétisera finalement à la fin des années 1980, lorsqu’il participera à ses premiers spectacles en tant que créateur de costume. Elle s’exprimera aussi indirectement dans sa couture, toujours marquée par une forte dimension opératique.

Monsieur Christian Lacroix
Excursions d’intérieur

Visuel©Mildred Forman, portrait de Monsieur Christian Lacroix.

Pour Christian Lacroix, le dessin est un mode d’expression à travers lequel il transcende le monde qui l’entoure pour le rendre plus séduisant et fantasque, ce qui explique son succès dans le domaine de l’illustration

L’illustration de ses vues d’intérieurs, qui traduisent son goût pour le mobilier et la décoration, ont tracé le chemin vers des réalisations dans le domaine des arts décoratifs, qui témoignent des excursions du dessin de Christian Lacroix hors du domaine du papier : des dessins transposés dans d’autres matières – le tapis Drag-In-Drag-On créé pour la ToolsGalerie à Paris en  2009, la tapisserie Tarasque réalisée pour le château de Tarascon en 2017 – ou apposés directement sur le support final, comme les céramiques qu’il réalise en collaboration avec la poterie Ravel d’Aubagne en 2015. De magnifiques tapis de sa composition sont installés au sol du musée, donnant à ses œuvres un côté utilitaire qui perturbent un peu nos pas !


dessins
Informations pratiques

Visuel : Musée-Réattu, à Arles© Monsieur Christian Lacroix 2026.

CHRISTIAN LACROIX
Dessins, gribouillages et graffitis


Jusqu’au dimanche 4 octobre 2026
Commissaires d’exposition Christian Lacroix assisté de Jean-Philippe Pons. Andy Neyrotti, responsable du pôle étude-conservation du musée Réattu.

Musée des beaux-arts
Ancien Grand Prieuré de l’Ordre de Malte
10 rue du Grand Prieuré
13200 Arles

Réservation : 04 90 49 37 58

www.museereattu.arles.fr

www.instagram.com/musee.reattu

Horaires : Du 1er mars au 31 octobre : 10 h-18 h
Du 2 novembre au 28 février : 10 h-17 h
Ouvert du mardi au dimanche.
Fermé le lundi Fermé : 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre

Tarifs Plein : 8 €/ Réduit : 6 €
Arlésiens : gratuit (gratuités et réductions sur justificatifs)

Informations des lecteurs : Dans le cadre de la nouvelle loi encadrant le travail des influenceurs, mais aussi des journalistes et tous ceux qui sont présents sur les réseaux sociaux, nous vous informons que cet article n'a pas donné lieu à rémunération.