À l'occasion des 250 ans de la Déclaration d'indépendance américaine, le château de Versailles consacre une saison exceptionnelle aux liens qui unissent, depuis plus de deux siècles, la France et les États-Unis. Derrière les ors du palais du Roi-Soleil se sont jouées quelques-unes des pages décisives de la naissance de la République américaine. Mireille Gignoux vous entraîne dans les coulisses de cette aventure diplomatique, politique et culturelle, qui fit de Versailles l'un des hauts lieux de l'histoire franco-américaine et de la diffusion des idéaux des Lumières.



Fondée sur les principes de la liberté

Visuel©M.Gignoux, Benjamin Franklin ©MGignoux

Philadelphie 4 juillet 1776. Les délégués de treize colonies britanniques d'Amérique du Nord, dont George Washington, Benjamin Franklin et Thomas Jefferson, réunis au sein du Second Congrès continental, adoptent la Déclaration d'indépendance. En rompant avec la Couronne britannique, ils donnent naissance à une nation nouvelle, fondée sur les principes de liberté et de souveraineté populaire hérités des Lumières. Mais cette révolution politique ne joue pas uniquement de l’autre côté de l’Atlantique.

Deux ans plus tard, Louis XVI reçoit Benjamin Franklin, reconnaît les États-Unis et engage officiellement la France dans le conflit aux côtés des insurgents. Une alliance qui sera décisive pour leur victoire contre la Grande-Bretagne. C’est également à Versailles qu’est signé en 1783, l’un des traités mettant fin à la guerre d'Indépendance.







Immersion dans la guerre


Visuel©M.Gignoux - Reconstitution historique. 

La saison américaine débute les 4 et 5 juillet dans le domaine royal, à proximité des jardins du Grand Trianon, avec une reconstitution historique L’Amérique et Versailles, la guerre de la liberté. Près de 500 participants en costumes d’époque animeront un grand campement réunissant le quartier de Louis XVI, le camp des insurgents américains et le bivouac anglais.

Démonstration équestres et militaires, défilés en uniformes d'époque, quadrille écossais, concerts, artisanat et scènes de la vie quotidienne rythmeront ces deux journées. Point d’orgue le samedi soir avec une édition exceptionnelle des Grandes Eaux Nocturnes aux couleurs des Etats-Unis, où dialogueront jeux d'eau, illuminations et musique baroque.  



France et Amérique sous l’Ancien régime


Visuel©M.Gignoux - LaFayette et Louis XVI.

Au cœur de cette audacieuse programmation, dans les appartements du capitaine des Gardes, une nouvelle galerie sera inaugurée le 4 juillet. Cette exposition permanente réunit peintures, sculptures et portraits issus des collections du château, évoquant les grandes figures politiques diplomatiques et militaires, Benjamin Franklin, George Washington, La Fayette, et aussi les comtes de Rochambeau, de Vergennes, de Grasse et de Bougainville.

La galerie rappelle tout d’abord les liens franco-américains aux XVIIème et XVIIIème siècles, à travers la colonisation de territoires (Acadie, Canada, Louisiane). Elle montre aussi comment le soutien militaire accordé aux insurgents répond à une revanche politique et stratégique sur l'Angleterre.

 






Les acteurs du conflit


Visuel©M.Gignoux - Comte de Rochambeau.


Dans la seconde partie de l’exposition, grandes scènes navales, portraits officiels, allégories politiques et tableaux d'histoire illustrent une guerre, où les armes côtoient les idées. La victoire de Yorktown, les campagnes de Rochambeau, les exploits de l'amiral de Grasse, la bataille navale dans la baie de Chesapeake ou encore les négociations menées par Franklin à Versailles composent le récit d'une alliance sans laquelle la jeune République américaine n'aurait sans doute pas connu le même destin.







D’une révolution à l’autre


Visuel©M.Gignoux 6 George Washigton.

Le troisième volet du parcours évoque le traité signé en 1783 et s'achève en 1789 avec l’élection de George Washington, premier président des États-Unis, suivie quelques mois plus tard par la Révolution française. En effet, le soutien financier apporté aux insurgents a fragilisé les finances du royaume et a contribué à la chute de la monarchie.

Les idéaux de liberté traversent alors l'Atlantique dans l'autre sens. À travers des figures comme La Fayette, les principes de la Déclaration d'indépendance américaine trouvent un écho dans notre Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.






Expérience virtuelle et interactive

Visuel / Visite virtuelle Lumière de la liberté.©chateau-de-versaILLES

Dans l’aile du Midi, pavillon d'Orléans, le château de Versailles propose Lumière de la Liberté, une nouvelle écriture muséale, utilisant une scénographie originale et une technologie XR (réalité virtuelle et réalité augmentée) dernière génération. Les salles servent de décor à des reconstitutions en 3D. Les personnages historiques apparaissent dans l'espace, les cartes stratégiques s'animent, les navires prennent la mer.

Coiffé d'un casque, le visiteur déambule, durant 15mn, guidé par la voix du marquis de La Fayette. Il rencontre Benjamin Franklin à la cour de Louis XVI, croise Marie-Antoinette, suit les campagnes du comte de Rochambeau et de l'amiral de Grasse, embarque aux côtés des marins français, participe aux discussions diplomatiques, revit le siège décisif de Yorktown aux côtés des soldats américains et français. Cette expérience immersive, à vivre jusqu’au 31 janvier 2027, a été conçue par Yalla Digital.


Au-delà des salles d’exposition

Visuel©M.Gignoux - Chateau de Versailles vu du ciel ©MGignoux

La programmation s'enrichit également d'un podcast inédit consacré à La Fayette. Cette fiction historique retrace le voyage du marquis au cœur de la guerre, à travers la correspondance qu'il entretint avec son épouse Adrienne, restée en France. Les lettres échangées entre les deux époux de 1776 à 1784, donnent une lecture plus intime au récit.  

Lors des journées du Patrimoine (19-20 septembre), plusieurs lieux emblématiques versaillais, situés rue de l’indépendance américaine, tels le Grand commun, le vestibule de la salle du Congrès, l’hôtel de la Guerre, la cour de Monsieur, seront ouverts au public.

Egalement au programme : une journée-rencontre le 9 octobre avec historiens, diplomates et divers intervenants autour de 250 ans d’histoire partagée.

Et un concert à l’Opéra Royal le 15 octobre consacré au chevalier de Saint-George, professeur de musique de Marie-Antoinette. Né esclave en Guadeloupe, Joseph Bologne, est devenu l’un des plus grands compositeurs de son temps. Malgré son succès, ce musicien, prodige de l’archet, surnommé le Mozart noir, n’obtiendra jamais le poste de directeur de l’Académie royale comme l’avait proposé la Reine.

Cette saison américaine au château rappelle que Versailles fut non seulement le théâtre du pouvoir monarchique, mais également un laboratoire diplomatique, où s'est inventée une part du monde moderne.
 

Pour en savoir plus : www.chateauversailles/fr


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