Ces sanctions s’inscrivent dans une vaste enquête visant plusieurs plateformes d’e‑commerce, en particulier extra‑européennes, comme Temu dont nous vous avons parlé récemment. Shein se trouve à nouveau sous la lumière, alors que le BHV Marais vient d’annoncer ce 16 juin 2026, la fin de sa collaboration avec l’entreprise chinoise. Dans le même temps la Société des Grands Magasins (SGM) indique qu’elle cède le fonds de commerce du BHV Marais à Karl‑Stéphane Cottendin, ancien DG du BHV, qui reprend les rênes avec une partie de l’équipe dirigeante, qui souhaite recentrer le BHV sur son cœur historique : maison, bricolage, décoration, arts de la table, …
Double peine
La Répression des fraudes (DGCCRF) a d’infligé deux amendes à Shein pour un montant total de 22,4 millions d’euros. Ces deux amendes concernent deux entités du groupe Shein, pour d’une part 16,7 millions d’euros, à l’attention de la société ISSL (Infinite Styles Services Limited), qui gère la place de marché Shein. En effet, d’une part, la DGCCRF constate un défaut d’informations dans les e‑mails de confirmation de commande, constitué d’une absence du prix, mais aussi du nom du vendeur et du délai de livraison. La DGCCRF considère que ces défaillances générales portent atteinte aux droits des consommateurs.
D’autre part, une amende de 5,7 millions d’euros concerne la société ISEL (Infinite Styles Ecommerce Limited), qui vend directement les produits Shein. Cette fois les infractions portent sur le non‑respect du délai légal de rétractation de 14 jours ; un défaut d’informations environnementales, notamment sur la présence de microplastiques dans les textiles, les pays de tissage, teinture et confection ainsi que des manquements à la traçabilité des produits.
Ces deux nouvelles amendes se cumule avec une sanction de 40 millions d’euros en 2025 pour pratiques commerciales trompeuses mais aussi à d’autres sanctions antérieures. Ainsi à ce jour Shein est condamné à une amende supérieure à 210 millions d’euros.
De son côté Shein a réagi en contestant certains points mis en avant par la DGCCRF. Ainsi l’entreprise chinoise affirme que la DGCCRF confond le droit de rétractation légal avec sa propre politique commerciale de retours, qu’elle juge plus avantageuse, mais aussi que l’absence d’informations environnementales serait due à un « incident technique » momentané.
Les prochaines étapes possibles pour Shein
Shein pourrait engager un recours ou contester la décision de la DGCCRF, en contestant le caractère « disproportionné » de la sanction et affirme par ailleurs avoir corrigé les pratiques visées dès l’an dernier. L'entreprise chinoise pourrait également former un recours devant le tribunal administratif pour demander l’annulation ou la réduction des amendes et contester la qualification des manquements, notamment sur l’absence d’informations dans les e‑mails de confirmation (prix, vendeur, délais) ; la confusion entre droit de rétractation légal et politique commerciale interne et les informations environnementales manquantes, que Shein qualifie d’« incident technique ».
Néanmoins, si Shein ne se met pas en conformité rapidement et n'adapte pas sa stratégie commerciale en Europe, la plateforme risque de nouvelles amendes mais aussi une possible restriction d'activité. Par ailleurs, certaines non-conformité touchant les enfants, des actions collectives de la part des consommateurs pourraient être mis en place.
Renforcer la conformité réglementaire
Les autorités françaises et européennes renforcent de concert la surveillance des plateformes de fast‑fashion afin de faire de la transparence une règle non négociable, avec en particulier une information du consommateur claire sur les prix, délais mais aussi sur l’identité du vendeur ; également de renforcer la traçabilité des produits, avec une information sur le pays de tissage, la teinture et la confection ; de mettre en place des audits environnementaux et de se mettre en conformité aux exigences européennes pour lutter contre les produits non conformes, considérant les volumes très importants proposés par la plateforme.
Les autorités françaises et européennes renforcent de concert la surveillance des plateformes de fast‑fashion afin de faire de la transparence une règle non négociable, avec en particulier une information du consommateur claire sur les prix, délais mais aussi sur l’identité du vendeur ; également de renforcer la traçabilité des produits, avec une information sur le pays de tissage, la teinture et la confection ; de mettre en place des audits environnementaux et de se mettre en conformité aux exigences européennes pour lutter contre les produits non conformes, considérant les volumes très importants proposés par la plateforme.
La fin d'un rapprochement BHV - SHEIN
Visuel © Copilot
La baisse de fréquentation associée aux retards de paiements de ses fournisseurs ont fragilisés les relations commerciales du grand magasin. L'arrivée de Shein au BHV en novembre 2025, présentée comme une occasion de redynamiser les ventes a provoqué un tollé médiatique important et plusieurs marques, partenaires au long cours du magasin, ont alors décidé de quitter le navire.
Considéré aujourd'hui comme une erreur stratégique, ce rapprochement a fragilisé le grand magasin et abimé son image. Cela s'est traduit par une baisse de fréquentation, une baisse du chiffre d'affaires entrainant des retards de paiements supplémentaires et la perte de confiance de nombreuses marques.
BHV Maris et BHV Parly 2 prévoient un départ de Shein d'ici la fin de l'année 2026. La nouvelle gouvernance devra s'atteler à revenir aux fondamentaux du BHV et à redorer son blason.
Pour mémoire, Le Bazar de l’Hôtel de Ville a été fondé en 1856 par Xavier Ruel, un entrepreneur lyonnais installé à Paris. L’histoire raconte qu’il aurait sauvé l’impératrice Eugénie d’un accident de voiture près de l’Hôtel de Ville ; en remerciement, elle lui accorde son soutien, ce qui permet au magasin de prospérer. D’abord une petite boutique de quincaillerie et d’articles pratiques, le BHV devient rapidement un grand bazar populaire, connu pour son offre immense dédiée à la maison, au bricolage, aux arts ménagers et aux objets du quotidien.
Au fil du temps, il s’impose comme une institution du Marais, symbole du commerce parisien accessible et inventif.
Informations des lecteurs : Dans le cadre de la nouvelle loi encadrant le travail des influenceurs, mais aussi des journalistes et tous ceux qui sont présents sur les réseaux sociaux, nous vous informons que cet article n'a pas donné lieu à rémunération.
Visuel © Copilot
La baisse de fréquentation associée aux retards de paiements de ses fournisseurs ont fragilisés les relations commerciales du grand magasin. L'arrivée de Shein au BHV en novembre 2025, présentée comme une occasion de redynamiser les ventes a provoqué un tollé médiatique important et plusieurs marques, partenaires au long cours du magasin, ont alors décidé de quitter le navire.
Considéré aujourd'hui comme une erreur stratégique, ce rapprochement a fragilisé le grand magasin et abimé son image. Cela s'est traduit par une baisse de fréquentation, une baisse du chiffre d'affaires entrainant des retards de paiements supplémentaires et la perte de confiance de nombreuses marques.
BHV Maris et BHV Parly 2 prévoient un départ de Shein d'ici la fin de l'année 2026. La nouvelle gouvernance devra s'atteler à revenir aux fondamentaux du BHV et à redorer son blason.
Pour mémoire, Le Bazar de l’Hôtel de Ville a été fondé en 1856 par Xavier Ruel, un entrepreneur lyonnais installé à Paris. L’histoire raconte qu’il aurait sauvé l’impératrice Eugénie d’un accident de voiture près de l’Hôtel de Ville ; en remerciement, elle lui accorde son soutien, ce qui permet au magasin de prospérer. D’abord une petite boutique de quincaillerie et d’articles pratiques, le BHV devient rapidement un grand bazar populaire, connu pour son offre immense dédiée à la maison, au bricolage, aux arts ménagers et aux objets du quotidien.
Au fil du temps, il s’impose comme une institution du Marais, symbole du commerce parisien accessible et inventif.
Informations des lecteurs : Dans le cadre de la nouvelle loi encadrant le travail des influenceurs, mais aussi des journalistes et tous ceux qui sont présents sur les réseaux sociaux, nous vous informons que cet article n'a pas donné lieu à rémunération.
Carole Grouésy