Lors de cette manifestation, présentée par Claire Domergue, fondatrice et directrice de la rédaction du magazine Luxus, des intervenants, issus du secteur du Luxe, ont apporté leur éclairage sur l’évolution de l’économie circulaire. Le contexte mondial de crise sanitaire a joué un rôle non négligeable dans cette mutation. ATTITUDE Luxe a participé à cette réunion et vous propose une synthèse des différentes interventions.


Luxury Marketing Innovation Summit 2021

L'avenir de l'économie circulaire :
un nouveau look pour l'industrie du luxe
Ouverture : Isabelle Massa de Mazar

La technologie a transformé le marché du luxe et dans la mode les marques ont changé leurs interactions avec leur clients. C’est toute la culture de l’achat qui s’est modifiée. Les marques se sont adaptées et ont créé de nouvelles manières de communiquer avec leurs clients. L’interaction en temps réel s’est développée pour doper les ventes. Par ailleurs, la blookchain permettra de plus en plus d’apporter de la sécurité aux transactions digitales dans le secteur du luxe. 

Conscience, collaboration, connexion : le Marketing du secteur du luxe s’appuie désormais sur la technologie

Les dépenses sur Internet en 2019 ont atteint 33,3 € billion dans le monde, contre 4.3 billion € en 2010, d’autant que la grande majorité de la population a un smartphone, qui devient le nouvel outil vecteur d’achat. Toutes les plateformes telles Instagram et Pinterest ont amélioré leur technologie pour permettre à leurs utilisateurs de pouvoir acheter, en plus de « voir » ... 

La culture de l’achat évolue et les collaborations sur le design avec les clients se développent. Les réseaux sociaux permettent de multiplier ces collaborations et les facilitent. Ainsi des écosystèmes se construisent et créent de l’innovation. La revente en seconde main (comme Vestiaire Collectif) est le nouvel eldorado du Luxe vers lequel de plus en plus de plateformes sont entièrement dédiées. Et des marques commencent à intégrer ces reventes dans leur propre système commerciale, jouant sur la « Sustainability » et la circulation des biens. Aujourd’hui ce sont les clients qui conduisent la croissance des marques.

                                                             R- services : Réparation - Réutilisation - Remarking - Revente - Recycler

                                                                                        Luxe : Héritage - Savoir-faire -Qualité

Les nouveaux mots du Luxe, mais aussi  : Respect des salariés et Préservation de la planète et Conscience, Collaboration, Connexion, participent à la réécriture des modes de consommation. 
Les marques ont compris que leurs clients désiraient de plus en plus une consommation respectueuse : la « Sustainable consumption ». L’impact du Covid est certain ; s’il est un facteur d’accélération, les Maisons se targuent néanmoins d’avoir anticipé cette démarche depuis longtemps.
« Ambitions circulaires : Comment les bons outils peuvent aider les entreprises du luxe ?

 Cette table ronde a mis en avant la vente de seconde main, illustrée par la marque Ba & sh.

Pierre-Nicolas Hurstel, PDG de Arianee, Jonathan Andres, Co fondeur de RSVP et Pierre-arnaud Grenade, PDG de Ba & sh, nous ont présenté le nouveau service mis en place depuis quelques semaines qui propose aux clients d’utiliser une plateforme leur permettant de revendre en seconde main leurs produits Ba & sh. Ainsi, l’acheteur grâce à la plate-forme est sûr que le produit est bien de la marque. 

Si RSVP Mode centralise les produits proposés en seconde main, le client est très impliqué dans la réalisation des produits car la marque créé une forte collaboration avec ses clients. Par ailleurs elle a la volonté de se développer sur les pays asiatiques, comme la Chine et la Corée.

Aujourd’hui les marques peuvent utiliser la technologie pour développer leur légitimité et celle de leurs produits en particulier sur le marché de la seconde main.

RSVP travaille en open source et propose aux marques d’implémenter leur développement au moyen de la technologie. La société contribue ainsi à garantir l’authenticité des produits sur internet et utilise la blockchain pour sécuriser le marché.
Ces prestations correspondent aux besoins des entreprises qui en général se demandent quelles procédures mettre en place, comment traiter les Data et être en accord avec la règlementation et les conditions générales de ventes, mais aussi les droits humains. Elles s’interrogent également sur la meilleure façon de communiquer sur l’éthique des produits et leurs effets sur l’environnement, en donnant les bonnes informations et en les certifiant, car le sourcing et la production sont les deux axes les plus sensibles. Pour le diamant et les métaux précieux ces questions sont encore plus sensibles. Et selon le pays où ils sont produits les conditions de production seront différentes car il faut aussi tenir compte des règlements locaux.

De même, les impacts sur l’éco système sont cruciaux et la circulation des produits doit aussi être étudiée et améliorée. Les différents intervenants dans la création d’un produit doivent tous agir pour travailler en symbiose avec les critères de respect de l’environnement. Il est désormais nécessaire de trouver des matériaux alternatifs pour en particulier remplacer le plastique. Les marques doivent de plus en plus être transparentes dans leur processus de production.

Ba & sh travaille en collaboration avec les fournisseurs pour éliminer le plastique de tous ses produits et pour être irréprochable sur cet item. La société s’investie aussi pour proposer des produits durables. Son objectif est de faire aimer la marque à une communauté et de donner du sens à l’achat. Il est aussi important d’offrir des services en phase avec l’évolution du commerce et des attentes des clients. Dans le cadre du nouveau service proposé par Bash de vente des produits en seconde main, c’est Ba & sh qui propose le prix de vente des produits en seconde main, assurant ainsi une économie circulaire transparente. Le client qui vend en seconde main bénéficie de l’environnement de vente de Ba & sh qui assure la fluidité, simplicité et la transparence de la transaction. 

Les marques construisent de nouveaux business model qui incluent désormais les ventes en seconde main et une gestion des data performantes.
 
Protection des consommateurs, pratiques transparentes et communication dans l'industrie du luxe. Les mots comptent dans la publicité

Mina El Hadraoui
Directrice France Natural Diamond Council
Porte-Parole du Collectif Diamant

Le Natural Diamond Council (NCD) rassemble les principaux acteurs de l’industrie du diamant et assure la protection des consommateurs, en privilégiant la transparence des pratiques. Le Collectif diamant travaille avec les organisations françaises de la joaillerie et facilite la communication dans l’industrie du luxe.

Grâce à une étude menée par Étude Opinion Way, le Collectif Diamant a pu identifier ce que les clients comprennent du produit « diamant » et déterminer la meilleure terminologie et la plus adaptée. Quand 65% des 25/34 ans envisagent d’acheter un diamant, ce travail a toute son importance. Dans cette étude, il ressort que 81% des personnes interrogées ont répondu comprendre ce qu’est un diamant naturel et un diamant synthétique. Cependant, la terminologie « Diamant de culture » est plus difficile à appréhender.  55% n’ont aucune idée de que cette appellation signifie et cela crée de la confusion pour le consommateur qui a du mal à le situer. Seuls 57% répondent qu’il s’agit d’une pierre artificielle. Les jeunes sont encore plus confus par rapport à cette appellation. La détermination de la valeur d’un diamant de culture pose le même problème.
Autre point important, le diamant naturel est considéré comme le plus éthique et le plus écologique, par rapport au diamant synthétique (Le plus éthique : diamant de culture : 24%, diamant naturel : 55% et diamant synthétique :  21%). Le vocabulaire employé dans la communication est crucial et doit être en accord avec la législation. La France a la chance d’avoir un décret qui définit clairement les appellations autorisées. (Décret n°2002-65 du 14 janvier 2002 relatif au commerce des pierres gemmes et des perles).
 
Le recyclage éthique dans le Luxe

Arnaud Haefelin, CEO de Gainerie 91
Noémie Dumesnil Directrice des Opérations de Authentic Material

Ces deux entreprises travaillent sur tous les matériaux naturels et assurent leur production avec des matériaux alternatifs basés sur matériaux naturels mis au rebut pour l’industrie du luxe. Considérant qu’il y a des tonnes de déchets de cuir qui sont jetées, il est plus que jamais important de recycler et de valoriser ces déchets de cuir par une transformation éthique de recyclage. Ces sociétés apportent une solution respectueuse à leur clients pour recycler leur déchets, en respectant l’environnement avec un matériel 100% naturel.

Authentic Material collabore avec des entreprises pour créer de nouveaux matériaux et avec le recyclage d’une matière comme le cuir ou des gemmes, qui est d’un grand intérêt et offre de belles surprises en offrant de nouveaux matériaux en fin de parcours de retraitement. Toutefois, les entreprises du luxe veulent travailler avec du cuir pleine fleur et les matériaux alternatifs ne s’adressent pas aux mêmes usages. 

Galerie 91
EPV depuis 2012, l’entreprise est présente à l’international
Arnaud Haefelin est aussi Président de l’EPV et administrateur de la Fédération de la Maroquinerie -qui aide les entreprises à réduire leur empreinte carbone.

Savoir-faire et innovation sont au centre de leur développement dans la gainerie. Ils appliquent une politique CSR et ont plusieurs labels (FSC & PEGC). Et désormais ils utilisent de nouveaux matériaux alternatifs qui sont véganes. Pour créer des projets innovants, la flexibilité est primordiale et ils travaillent sur de nombreux prototypes. 

Le cuir est un matériel « eco friendly » par nature tant que l’on consomme de la viande, c’est un déchet de l’industrie alimentaire. Cependant, le problème des matériaux alternatifs est qu’ils n’ont pas le look auquel s’attend le client. Il y a encore des progrès à faire mais aussi à faire bouger les mentalités.

Les appellations sont importantes et assez bien défendu en France mais pas en Europe et cela particulièrement pour l’application « cuir »
Qui y a-t-il dernière le diamant que vous achetez ?

Olivier Segura
Directeur scientifique de l’école des arts joailliers VCA et Président de l’AFG

Les différences entre diamant naturel, créé par la nature après des millions d’année et qui se trouve au cœur de la terre, à des milliers de kilomètres et diamant synthétique, produit manufacturé avec du carbone doivent être claires pour le consommateur qui doit impérativement savoir ce qu’il achète.
La question doit être posée : Que voulez acheter : un produit créer par la nature ou par un laboratoire ?
C’est en 1950, aux USA, que les premières expérimentations ont permis de créer des diamants synthétiques destinés uniquement à l’industrie, à l’électronique, etc. Les diamants synthétiques sont très utiles pour l’industrie grâce à leur grande résistance.
Pour faire évoluer la qualité des diamants synthétiques, il a fallu de longs et coûteux investissements de recherche pour atteindre une qualité permettant la vente aux consommateurs. Investissements qu’il faut rentabiliser aujourd’hui en s’appuyant sur une marge certaine.  Quand un client achète un diamant synthétique en général il ne sait pas où il a été créé alors que le diamants naturel crée une lisibilité de la mine au consommateur. Aujourd’hui il existe des entreprises dédiées à la taille du diamants naturel et d’autres à celle du diamant synthétique.  

Le développement du diamant est lié au pouvoir du rêve et le diamant fait rêver ...


Comment la naturalité et la transparence peut aider à rétablir la confiance du consommateur ?

Mina El Hadraoui
Directrice France Natural Diamond Council
Porte-Parole du Collectif Diamant

Le plus important est d’apporter au consommateur des informations claires, transparentes, compréhensibles et vraies. L’industrie du diamant est très importante dans l’économie circulaire, par exemple au Botswana les producteurs construisent avec les locaux et ces interactions permettent des actions concrètes comme la création d’écoles, de routes, d’hôpitaux par le gouvernement grâce aux revenus du diamant. Si l’extraction du diamant ne nécessite pas d’utilisation de produit polluant, mais uniquement de l’eau, il faut en revanche gérer la roche extraite, ce à quoi s’emploient les grands exploitants.  
Par ailleurs, la loi française avec le décret de 2002 et les services de la DGCCRF, protègent bien le consommateur. Enfin, un autre paramètre entre en ligne de compte dans les qualités intra sec du diamant est qu’il peut se recycler sans fin !  

 

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